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Tuesday, June 11, 2013

Leméac



Une autre critique de mon ami Mathieu! Merci Mat pour ton esprit critique et tes beaux mots (tu écris vraiment bien!) :)

Un soir avec votre amoureuse, vous vous dites "on se fait le Leméac?". Vous réservez. Vous avez énormément de chance parce que c'est la fin de semaine du Grand Prix et que, bizarrement, il reste une table. Vous arrivez au Leméac, vous vous faufilez jusqu'à votre table, évitant les m'as-tu vu du showbiz qui n'osent plus aller au Pied de Cochon de peur de scraper leur silhouette, vous zigzaguez entre les pitounes de char, les "accompagnatrices" d'hommes politiques et la bourgeoisie locale. Serge Chapleau est assis dans un coin et dessine un truc sur la nappe. Outremont vous regarde, vous avec vos fringues improbables de petite classe moyenne Rosemontoise. Et là, soudainement, Miracle. Non seulement le serveur ne se fout pas de votre gueule. Il s'occupe de vous. Il vous installe. Il vous sourit. Pro. 

C'est un peu l'entrée en matière idéale que j'attendais depuis longtemps, un resto un peu bourge mais pas froid, où vous vous sentez tout de même invité, sincèrement et chaleureusement. Le serveur nous installe, donc. Miss B (ou Miss E ? Je ne sais plus) commande les raviolis de champignons au jus de viande, noix de pins et roquette et moi le crab cake sauce gribiche et julienne de concombres. Les raviolis étaient en bonne quantité, ni trop ni pas assez et trempaient dans une sauce à la viande chaude, pas trop onctueuse, parfaitement comfort food et garnie de champignons frais et goûteux. De mon côté, le crab cake mélangé avec quelques brindilles d'aneth et un soupçon de citron (pas trop, les restos cachent parfois un poisson un peu vieux sous des excès d'aneth, mais à moi on ne me la fait pas!) était parfait. Légèrement grillé, tiède avec une sauce gribiche faite dans les règles avec une petite pointe acidulée tout à fait agréable. On arrose tout ça avec un excellent riesling autrichien bien frais et hop, on passe à la suite avec envie !

En plat principal, Miss a pris le suprême de pintade, safe mais parfaitement exécuté. Le poulet de Cornouaille braisé avec frites de polenta aux olives noires criait mon nom et j'ai succombé assez rapidement. On sait généralement avec certitude qu’on est dans un bon restaurant quand le chef parvient à vous faire un plat de poulet qui ne soit pas ennuyant. La chair était parfaite, bien braisée, pas sèche et la polenta de toute évidence faite à la main se déliait dans la bouche. Le goût de l'olive était bien présent sans écraser tout le reste. Enfin, la portion était généreuse et reposait sur des épinards chauds. Le Lirac (La Lorentine Domaine de Marcoux 2011, à boire!) était sincèrement fabuleux. 

Seule ombre au tableau, le dessert. Hé ouais. Bizarrement, c'est souvent là que le bât blesse, même dans les meilleures maisons. La tartelette au citron que j'ai commandé ne valait pas celle de Chez Léveque (c'est dire!). La crème de citron était pâle et beaucoup trop liquide et la pâte trop dure. Le tout était difficile à manger, il fallait que je casse littéralement ma tartelette. Quant au coulis de lime qui l'accompagnait, ridicule et inutile. Arrêtez avec les coulis, pitié. Miss me fait remarquer en contrepartie que je suis un nazi de la tarte au citron et que son dessert à elle, une mousse au chocolat, était généreuse, ferme avec un vrai goût de cacao frais. Les trois mini madeleines au chocolat noir qui l’accompagnaient étaient adorables.

Enfin, le service était excellent, très pro. Le déroulement du repas s'est fait naturellement, sans rush de notre serveur qui par ailleurs s'est révélé excellent conseiller en matière de vin. 

Leméac est depuis quelques années une des meilleures maisons de Montréal. La cuisine y est excellente et on dira sans doute plus tard que la fin des années 2000 et le début des années 2010 c'était l'ère du Leméac, du Pied de Cochon, etc. Cette réputation est justifiée à mon humble avis. Toutefois, pas d'angélisme ici : le Leméac n'est pas du tout dans une optique d'avant-garde gastronomique. C'est une bistronomie raffinée, mais une bistronomie quand même, à laquelle on pourra reprocher son manque de guts et de jouer un peu trop safe. 

Service : 10 (Rien à dire. Impeccable. Le meilleur service que j'ai eu dans un resto montréalais depuis des années)

Bouffe : 9 (Une merveille. Mais la tarte au citron, bon…)

Cher Leméac, si tu me lis, surprends moi plus que ça la prochaine fois !

Note: Après 22h, table d'hôte un peu plus abordable à 27$!
Leméac on Urbanspoon